Comic Con 2012: le panel des cinquante ans de Spider-Man

Le 08 juillet 2012 par Mister O. Aka Bashenga Pas de commentaires

J’ai eu la chance d’assister pendant la Comic Con au panel des 50 ans de Spider-Man, animé par l’équipe de Comic Box qui avait invité pour l’occasion le sociologue Thierry Rogel, (auteur du livre Sociologie des Super-héros, aux éditions Hermann) et l’écrivain et journaliste italien Matteo Losso, de chez Panini Comics.

Mais celui que nous attendions avec le plus d’impatience, c’est le dessinateur Joe Madureira qui, bien que présent pour son activité de concepteur de jeu vidéo, est venu pour commenter la carrière de son super-héros préféré. Et pour cause: ce mois-ci chez Panini débute Avenging Spider-Man, la série dont il a dessiné le premier arc, signant ainsi son retour officiel dans l’industrie des comics.

Dès le départ de la conférence, le ton était donné: nous étions en présence de connaisseurs de la carrière de Spider-Man, même si seul Matteo Losso semble avoir tout lu des aventures de l’Homme-Araignée. Joe Madureira confie ainsi ne pas avoir suivi Civil War ou encore One More Day, et reste très évasif sur le contenu de la série Amazing Spider-Man, ce qui l’empêchera par la suite de répondre aux questions pointues de ses fans. 

Très vite, le panel se concentre sur ce qui fait la particularité et le succès de Spider-Man: pour Thierry Rogel, ce qui fait la popularité du héros, c’est avant tout l’homme: Peter Parker qu’il définit comme un “handicapé social”, ayant beaucoup de mal à s’intégrer au monde des ados au lycée d’abord, puis à la vie professionnelle. Ce qui lui permet de conclure sur une théorie: tous les super-héros ont, à l’origine, un handicap: social (Peter Parker), physique (Matt Murdock), psychologique (Ororo Munroe), économique, etc…Pour Matteo Losso, ce qui donne à Spidey son caractère unique, c’est sa capacité à parler à toutes les générations, son capital sympathie, et la tendresse que le lecteur a pour le personnage. Pour l’animatrice de Comic Box, Peter Parker restera toujours l’éternel étudiant fauché (je ne partageais pas vraiment son point de vue, mais impossible de l’interrompre bien sûr). Pour Joe Madureira, Spider-Man c’est avant tout le héros de son enfance, même s’il confie préférer le représenter hors de son milieu naturel, loin de sa galerie de personnages habituelle (ce qui explique son intérêt pour Avenging Spider-Man).

 

Nous passons ensuite aux grands ennemis de Spider-Man: est d’abord évoqué, vous vous en doutez, le Bouffon Vert, grand ennemi de Peter Parker. Selon Matteo Losso, Osborn représente la plus grande menace pour le héros, car il est le seul à connaître son identité secrète. Pour les autres invités présents, J. Jonah Jameson, directeur du Daily Bugle, est l’ennemi numéro Un de Spider-Man. Pour Thierry Rogel, Jameson représente la presse, il est la voix de l’opinion publique, d’où son importance. Et Rogel de conclure qu’à son sens, l’absence de J.J.J dans le nouveau film The Amazing Spider-Man occulte une grande partie de la question super-héroïque et montre une mauvaise compréhension de l’univers intrinsèque de l’Araignée. 

La suite du panel développe le caractère urbain du héros: l’occasion pour “Joe Mad’” de confier qu’il y a quelque chose de confortable pour la plupart des dessinateurs dans le fait de travailler avec sur Spider-Man: de nombreux artistes officient et vivent à New-York, “c’est comme dessiner le quartier où tu vis tous les jours”, raconte, le sourire aux lèvres, le créateur de Darksiders II. Il laisse même entendre qu’il éprouve une certaine nostalgie de son existence new-yorkaise: il vit aujourd’hui à Austin, au Texas.

Les confidences abondent: Joe Madureira affiche notamment sa préférence pour Mary Jane, volcanique rousse, plus sexy que Gwen Stacy. Jusqu’à aborder le plaisir qu’il prend à confronter Spider-Man et son sens moral qui lui interdit de tuer à d’autres héros moins scrupuleux. Et là, dans le but de nous prouver que Marvel lui laisse carte blanche créative, le dessinateur nous parle de son prochain projet pour la Maison des Idées: “j’ai dit à Marvel que j’aimerais bien dessiner des Ninjas. Eh bien dans ma prochaine histoire, je dessine Spider-Man, Wolverine et Elektra qui combattent une armée de ninjas.” Cool

La planète Twitter a certainement tremblé au rythme des doigts qui tapaient frénétiquement sur leurs téléphone, mais “Joe Mad’” n’en n’a pas dit plus. 

Matteo Losso, en revanche, a su lister les grandes aventures de Spidey: de la Dernière Chasse de Kraven à la Saga du Clone en passant par la mort de Gwen Stacy, tout y est passé. Personnellement, j’aurais attendu une autre scène capitale: la mort du Capitaine Stacy, écrasé par une cheminée effondrée: grosses larmes d’enfant.

Bref. Matteo Losso a ensuite développé la question du succès des artistes italiens dans le monde du comics: c’est vrai qu’ils sont nombreux, notamment chez Spider-Man. Stefano Caselli, Gabrielle Dell’Otto, Simone Bianchi, etc….Tout en relativisant la prépondérance des Italiens chez Marvel, arguant que l’on y trouve aussi des artistes français (Coipel), espagnols, ou autres (je pense aussi que les Brésiliens sont très représentés dans le monde des comics), l’auteur a souligné que la sensibilité artistique européenne était une valeur ajoutée pour les éditeurs américains. “L’art, c’est ce qui nous rassemble”… Oecuménique, non ?

 

 

Et de conclure, emportant le morceau: “j’ai grandi avec Spidey. J’étais au lycée quand il était au lycée, j’ai eu ma première copine quand il a eu la sienne, je me suis marié quand il s’est marié.” Spidey et lui partagent une vie de comics. 50 ans de vie commune, des noces d’or. Que demander d’autre ?

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